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Haïti Priorise: Réseau ambulancier, Daurisca

Description des problèmes

Les réponses aux situations d’urgence représentent un véritable défi pour les systèmes de santé, et particulièrement pour ceux des pays en voie de développement tels que Haïti. Les traumatismes représentent 16% de la charge globale de morbidité et les patients victimes de traumatismes sont six fois plus susceptibles de mourir dans les pays à faibles revenus que dans ceux à revenus élevés. Comme le suggèrent la recherche, les décès médicalement évitables pourraient être réduits de moitié en améliorant les mécanismes de réponse aux urgences.  

Outre les taux de mortalité maternelle et infantile figurant parmi les plus élevés de la région, on constate un manque cruel de services ambulanciers à Haïti. En plus du Centre ambulancier national (CAN), il existe deux opérateurs ambulanciers privés. Sur les 514352 accidents et situations d’urgence signalées entre 2013 et 2014, le CAN a répondu à moins de 2% de ces derniers, soit exactement 9642 cas. 

Si le CAN propose des services ambulanciers gratuits, offrant théoriquement un large accès à ces services à la majorité de la population, sa portée d’intervention est grandement restreinte en raison de l’emplacement centralisé de la base à Port-au-Prince, du nombre limité de véhicules (inférieur à 100), des moyens matériels et humains restreints, et du terrain montagneux couvrant la majorité du territoire national, rendant certaines zones inaccessibles par la route. 

Solutions 

  • Établir un réseau ambulancier urbain dont les services se limitent aux zones urbaines.
  • Étendre le réseau ambulancier national afin d’intervenir dans l’ensemble des zones rurales et urbaines.
  • Mobiliser les « premiers intervenants » et les professionnels de santé paramédicaux.

Les ressources étant limitées, l’auteure suggère que l’option la plus sûre consiste à associer les « premiers intervenants » avec le « réseau ambulancier urbain » afin de couvrir un terrain plus grand et de sauver davantage de vies. 

Ces services seraient offerts gratuitement aux patients, mais seraient potentiellement susceptibles de générer des revenus. 

Tableau récapitulatif de l'ACC

Intervention Bénéfices Coût ACC
Réseau ambulancier urbain 4,406,893,345 561,559,893 7.8
Réseau ambulancier national 6,587,200,390 2,320,046,967 2.8
Premiers intervenants et professionnels paramédicaux 1,266,324,056 80,369,344 15.8

Bénéfices, coûts, et analyse avantages-coûts (AAC)

Système ambulancier urbain

Atteint la majorité de la population et coûte moins cher que le réseau ambulancier national. 

Coûts

  • 18 centres ambulanciers urbains avec un effectif de 176 ambulances pour une population urbaine de 5327640 habitants permettraient de mettre à disposition 33 ambulances pour chaque million d’habitants.
  • Le coût total, s’élevant à 561 millions de gourdes haïtiennes, comprend le coût des véhicules, des carburants, des 9 employés que compte chaque ambulance, des superviseurs et du centre des opérations centrales. 

Bénéfices

  • Réduction des décès liés aux traumatismes, décès évités, années de vie corrigées du facteur d'invalidité, hausse de la productivité et du PIB.
  • Vies sauvées : environ 2000.
  • Total des bénéfices : 4.4 milliards de gourdes haïtiennes. 

Système ambulancier national

Couvre l’ensemble du territoire national, mais coûte plus cher.

Coût 

  • Plus exigeant en ressources du fait des difficultés à accéder aux zones reculées.
  • Réseau urbain plus 569 ambulances supplémentaires pour les zones rurales.
  • Coût total : 2,3 millions de gourdes. 

Bénéfices

  • Réduction des décès liés aux traumatismes, décès évités, années de vie corrigées du facteur d'invalidité, hausse de la productivité et du PIB.
  • Total des bénéfices : 6,5 millions de gourdes haïtiennes. 

Premiers intervenants et paramédicaux

Dispenser des formations aux bénévoles et professionnels paramédicaux à travers le pays, travailler en collaboration avec le réseau urbain ou le réseau national. 

Coûts

  • Plus de 27000 bénévoles tels que les enseignants et sache-femmes traditionnelles se verront recevoir des formations gratuites afin de devenir premiers intervenants. 
  • 550 professionnels paramédicaux recevront 10 jours de formation chacun. 
  • Le coût s’élèvera à 550 gourdes pour la première année.

Bénéfices 

  • Cela permettrait de sauver environ 700 vies par an.
  • Total des bénéfices : 1,2 million de gourdes.